Vertiges en pleine nuit : faut-il aller aux urgences ?
Vertiges en pleine nuit : comment réagir ?
Chers lecteurs, avez-vous déjà été pris de vertiges en pleine nuit ? Vous vous levez pour aller aux toilettes et tout se met à tourner, vous vous sentez si faible que vous devez vous asseoir : ces situations peuvent être très déroutantes et angoissantes. La pensée « Et si c'était une AVC ? » peut vous traverser l'esprit. Pourtant, ces symptômes sont fréquents aux urgences. En effet, une étude révèle qu'environ 3 % des patients se présentant aux urgences le font pour des vertiges.
Les diverses causes des vertiges
Les causes des vertiges sont multiples. Elles peuvent aller de problèmes au niveau de l'oreille interne (l'organe de l'équilibre) à l'hypotension orthostatique, la déshydratation, l'hypoglycémie, des problèmes cardiaques ou encore des effets secondaires de médicaments. Rarement, ils peuvent être le signe d'une maladie du système nerveux central comme un AVC. Il est donc important, plutôt que de s'inquiéter à tort, d'observer les symptômes qui accompagnent le vertige.
- VPPB (Vertige Positionnel Paroxystique Bénin) : Caractérisé par des vertiges rotatoires, souvent accompagnés de nausées et de vomissements.
- Hypotension orthostatique : Des vertiges peuvent survenir lors du passage à la position debout.
- Hypoglycémie nocturne : Les patients diabétiques doivent être attentifs à ce symptôme.
- Déshydratation : Chez les personnes âgées, cela peut survenir par manque d'hydratation.
Ne négligez pas les signes d'alerte
Le plus important lors d'un épisode de vertige est d'observer les symptômes associés. Si vous ressentez une faiblesse ou un engourdissement d'un côté du corps, il faut immédiatement se rendre aux urgences. Il en va de même si votre élocution devient pâteuse, si vous voyez double ou si votre champ de vision est réduit. En présence de tels signes d'alerte, il est plus sûr d'appeler le 112 (ou le numéro d'urgence local) plutôt que de conduire vous-même.
Comment gérer les vertiges
Si le vertige n'est pas sévère et qu'il n'y a pas de signes d'alerte d'AVC, il est préférable d'allonger ou d'asseoir la personne dans une position sûre. Prévenir les chutes et les blessures est la priorité. Voici les étapes à suivre :
- Fermez les yeux et évitez de bouger.
- Assombrissez la pièce pour favoriser la détente.
- Desserrez la ceinture ou les vêtements trop serrés.
- Respirez calmement pendant 10 à 20 minutes en observant l'évolution.
Il faut éviter de forcer la personne à boire ou à prendre des médicaments dans cette situation. En cas de nausées importantes, avaler de l'eau ou des médicaments peut présenter un risque d'inhalation, particulièrement chez les personnes âgées.
Si les vertiges s'estompent et que la personne est consciente, une consultation le lendemain chez un neurologue ou un ORL est recommandée. Les vertiges récurrents nécessitent des examens approfondis pour en déterminer la cause. Cependant, il ne faut pas prendre à la légère les vertiges sévères, les vomissements persistants, ou les cas impliquant des personnes âgées souffrant d'hypertension, de diabète, de maladies cardiaques ou ayant des antécédents d'AVC.
En conclusion, les vertiges nocturnes peuvent être effrayants, mais ils ne signifient pas tous un AVC. Cependant, il existe des cas où il ne faut pas se dire « Je vais me reposer et ça passera ». Les critères pour les proches sont clairs : si l'un des signes suivants est présent – faiblesse d'un côté du corps, troubles de la parole, troubles de la vision, troubles de la marche, altération de la conscience, maux de tête intenses – il faut se rendre immédiatement aux urgences. En l'absence de ces signes, il faut d'abord prévenir les chutes, se reposer, puis consulter le lendemain pour en déterminer la cause. Le plus important dans la gestion des vertiges est de ne pas paniquer et de savoir reconnaître les signes qui justifient une inquiétude.
